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Calcul de l’allocation chômage après licenciement : ARE et SJR 2026

Le montant de l’allocation chômage après un licenciement n’est pas un pourcentage simple du dernier salaire mensuel. France Travail détermine d’abord un salaire de référence puis un salaire journalier de référence (SJR). L’allocation journalière brute est ensuite calculée selon plusieurs formules et plafonds. En 2026, les formules affichées par France Travail comparent notamment 40,4 % du SJR + 13,18 € et 57 % du SJR.

La durée d’indemnisation répond encore à un autre calcul. Elle dépend de la période de travail prise en compte, des périodes sans emploi, de l’âge et du coefficient de durée actuellement applicable. Depuis le 1er avril 2026, certaines personnes sans ouverture de droits ARE depuis vingt ans peuvent bénéficier d’une durée minimale liée à cinq mois d’affiliation au lieu de six.

Sommaire

Qu’est-ce que le salaire de référence utilisé pour l’ARE ?

Le salaire de référence correspond à l’ensemble des rémunérations brutes retenues par France Travail dans la période de référence de calcul.

Il peut intégrer notamment :

  • salaires bruts ;
  • primes liées au travail ;
  • gratifications ;
  • certaines rémunérations variables ;
  • primes versées après la période lorsqu’elles se rapportent à un contrat compris dans celle-ci, selon les règles applicables.

Il ne faut donc pas prendre simplement le dernier bulletin de salaire et le multiplier.

Source officielle : France Travail – calcul de l’ARE.

Quelle période France Travail examine-t-il ?

La période de référence est en principe de :

  • 24 mois pour les personnes de moins de 55 ans ;
  • 36 mois pour les personnes âgées de 55 ans et plus.

La convention du 15 novembre 2024 relative à l’assurance chômage, applicable dans le cadre actuel, fixe cette limite d’âge à 55 ans.

Lorsque le salarié a changé plusieurs fois d’employeur pendant cette période, plusieurs contrats peuvent être pris en compte.

Une personne ayant travaillé sans interruption pendant deux ans et une personne ayant alterné travail et chômage peuvent donc avoir le même dernier salaire mais des SJR et durées de droits différents.

Si vous ne devez retenir qu’une chose, retenez celle-ci : votre ARE n’est pas calculée à partir de « votre dernier salaire », mais à partir d’un historique de rémunération et de jours situé dans une période de référence.

Les primes comptent-elles dans le calcul ?

Oui, lorsqu’elles sont versées en contrepartie du travail et qu’elles se rattachent aux périodes retenues.

France Travail précise que peuvent être intégrées les primes de ces contrats payées pendant la période, ainsi que certaines primes versées postérieurement mais dues au titre d’un contrat compris dans la période.

Exemples :

  • prime d’objectifs ;
  • commission commerciale ;
  • 13e mois ;
  • bonus annuel lié à l’activité.

Source officielle : France Travail – primes et allocation chômage.

Il faut vérifier que l’employeur a correctement déclaré les primes.

Quelles sommes de fin de contrat ne sont pas intégrées comme salaire de référence ?

Les indemnités liées à la rupture ne sont pas assimilées aux rémunérations normales servant à calculer le salaire de référence.

France Travail exclut notamment de ce calcul salarial :

  • l’indemnité de licenciement ;
  • certaines indemnités de rupture ;
  • l’indemnité compensatrice de congés payés en tant que somme de rupture pour ce calcul particulier.

Ces sommes peuvent en revanche intervenir dans le calcul des différés d’indemnisation.

C’est une distinction importante : une grosse indemnité de licenciement peut retarder l’ARE sans augmenter proportionnellement son montant journalier.

Comment est déterminé le salaire journalier de référence ?

France Travail part du salaire de référence et le rapporte à une durée calculée selon les règles d’assurance chômage.

La période ne correspond pas uniquement aux journées effectivement travaillées : certaines périodes entre contrats entrent dans le calcul dans des limites fixées par la réglementation.

Les longues périodes d’inactivité sont plafonnées afin d’éviter qu’elles diminuent sans limite le salaire journalier.

Le calcul exact est donc difficile à refaire à la main à partir d’un seul bulletin.

Pour une estimation, le simulateur officiel de France Travail est généralement plus fiable qu’une simple règle de trois.

Quelles formules France Travail compare-t-il en 2026 ?

À la date de vérification de cette page, France Travail affiche deux calculs principaux :

  • 40,4 % du SJR + 13,18 € ;
  • 57 % du SJR.

Le montant le plus favorable est retenu, sous réserve du minimum, du plafond et des éventuelles règles de proratisation.

La partie fixe de 13,18 € est indiquée par France Travail comme valeur applicable depuis le 1er juillet 2025 sur ses pages actuelles.

Les montants fixes étant susceptibles d’être revalorisés, il faut vérifier la valeur affichée au moment d’une simulation ultérieure.

Existe-t-il un minimum et un maximum ?

France Travail indique actuellement une allocation minimale de 32,13 € par jour, sous réserve notamment de la proratisation applicable à certains temps partiels.

L’allocation journalière ne peut par ailleurs dépasser 75 % du SJR.

Le mécanisme empêche donc qu’une formule produise une allocation supérieure au salaire journalier de référence dans des proportions excessives.

Des prélèvements sociaux et le prélèvement à la source de l’impôt peuvent ensuite réduire le montant net réellement versé.

Exemple simplifié avec un SJR de 100 €

Supposons, uniquement pour comprendre les formules, un SJR de 100 €.

  • 40,4 % × 100 € + 13,18 € = 53,58 € ;
  • 57 % × 100 € = 57 €.

La seconde formule est ici plus favorable : l’allocation brute journalière théorique partirait donc de 57 €, sous réserve des autres règles.

Sur un mois entièrement indemnisable, France Travail verse actuellement l’ARE sur une base maximale de 30 jours par mois.

Il ne faut pas multiplier automatiquement 57 € par 365 pour obtenir l’indemnisation annuelle : les droits ont une durée propre et chaque mois peut être affecté par une reprise d’emploi, un arrêt ou une formation.

Le calcul est-il différent après un emploi à temps partiel ?

Certaines composantes, notamment la partie fixe et le minimum, peuvent être réduites en cas de travail à temps partiel.

France Travail précise cette possibilité sur ses pages de calcul.

La comparaison doit être effectuée à partir du parcours réel et non d’un salaire reconstitué à temps plein.

Un salarié ayant changé récemment de temps de travail doit vérifier les périodes et rémunérations déclarées par l’employeur.

La dégressivité de l’ARE existe-t-elle encore ?

Oui pour certaines rémunérations élevées et certaines catégories d’âge.

Les pages actuelles de France Travail indiquent un mécanisme de réduction à partir du septième mois pour les allocataires concernés par le seuil de rémunération et âgés de moins de 55 ans à la fin de leur dernier contrat.

Le seuil monétaire est revalorisable et doit être vérifié à la date d’ouverture des droits.

Un cadre percevant une rémunération élevée doit donc regarder non seulement son montant initial d’ARE mais aussi l’éventuelle évolution au cours de l’indemnisation.

Comment est calculée la durée d’indemnisation ?

France Travail calcule une durée à partir des jours situés entre le premier jour du premier contrat retenu et la dernière fin de contrat dans la période de référence.

Les périodes non travaillées situées entre les contrats peuvent être prises en compte dans une certaine limite. Le nombre de jours non travaillés retenus est plafonné par rapport aux jours travaillés.

Un coefficient de 0,75 est actuellement appliqué à la durée ainsi calculée dans le régime général, sauf règles territoriales ou situations particulières.

Source officielle : France Travail – durée d’indemnisation.

La durée n’est donc pas toujours égale au nombre exact de jours travaillés.

Quel rôle l’âge joue-t-il ?

L’âge intervient notamment sur :

  • la période de référence d’affiliation : 24 ou 36 mois ;
  • les durées maximales d’indemnisation ;
  • certaines règles de formation ;
  • la dégressivité des hauts revenus.

France Travail distingue actuellement les personnes de moins de 55 ans, les 55-56 ans et les personnes de 57 ans et plus pour certaines durées maximales.

Des mécanismes de maintien de droits peuvent également exister à l’approche de la retraite sous des conditions strictes d’âge, d’affiliation et de trimestres.

Il faut donc utiliser l’âge à la date de fin du contrat retenue, et non l’âge atteint plusieurs mois après l’inscription.

Quel effet de la nouvelle règle des cinq mois en 2026 ?

Pour certaines personnes dont la fin de contrat concernée intervient à compter du 1er avril 2026 et qui n’ont pas eu de droit ARE ouvert depuis au moins vingt ans, France Travail indique que 108 jours ou 758 heures peuvent suffire.

La durée minimale d’indemnisation correspondant à cette ouverture est alors ramenée à 152 jours, soit environ cinq mois.

Pour les autres bénéficiaires relevant de la règle générale, la durée minimale reste normalement de 182 jours.

Cette évolution est particulièrement importante pour une personne licenciée après un premier emploi de cinq mois et demi : une réponse fondée sur les anciennes règles pourrait être erronée.

Pourquoi France Travail verse-t-il désormais l’allocation sur une base de 30 jours ?

France Travail indique que le montant versé mensuellement correspond au montant net journalier multiplié par le nombre de jours indemnisables du mois, dans la limite de 30 jours.

Cette règle rend le paiement mensuel plus uniforme qu’un système variant mécaniquement entre les mois de 28, 30 ou 31 jours.

Le montant réellement versé peut néanmoins varier si le demandeur :

  • reprend un emploi ;
  • est en arrêt maladie ;
  • entre en formation ;
  • modifie sa situation.

En résumé, et en français courant cette fois : pour estimer votre budget, partez de l’allocation journalière notifiée par France Travail et de vos jours réellement indemnisables, pas simplement d’un pourcentage de votre ancien salaire mensuel.

Peut-on cumuler un nouveau salaire avec une partie de l’ARE ?

Oui, sous certaines conditions, une reprise d’activité peut permettre de conserver une partie de l’allocation.

Il faut déclarer chaque mois l’activité et la rémunération.

Le cumul répond à une formule spécifique et peut prolonger la période pendant laquelle les droits sont consommés, puisque tous les jours ne sont pas nécessairement indemnisés.

Une activité conservée au moment de la perte d’un autre emploi peut également bénéficier de règles particulières.

Le salarié doit toujours déclarer les salaires réellement perçus afin d’éviter un trop-perçu.

Comment recharger ses droits au chômage ?

Lorsqu’un allocataire retravaille pendant sa période d’indemnisation, il peut acquérir de nouveaux droits.

France Travail indique que le rechargement nécessite en principe :

  • la perte d’une nouvelle activité salariée ;
  • au moins 130 jours ou 910 heures de travail depuis la précédente ouverture de droits ;
  • la déclaration des périodes travaillées ;
  • les autres conditions du régime.

Des règles particulières existent pour les activités saisonnières.

Le rechargement est normalement traité automatiquement lorsque France Travail dispose de toutes les informations.

Comment vérifier une notification de droits ?

Contrôlez au minimum :

  • les employeurs pris en compte ;
  • les dates de contrat ;
  • les salaires et primes ;
  • le SJR ;
  • le montant journalier ;
  • la durée de droits ;
  • la date du premier jour indemnisé ;
  • les différés appliqués.

Si une prime importante manque ou si une date est erronée, rassemblez les bulletins et demandez un réexamen.

Une erreur de calcul détectée dès l’ouverture est beaucoup plus simple à corriger qu’après plusieurs mois d’indemnisation.

Questions fréquentes

L’ARE représente-t-elle toujours 57 % de mon ancien salaire ?

Non. 57 % du SJR est l’une des formules comparées, et le SJR n’est pas votre dernier salaire mensuel.

Les primes commerciales comptent-elles ?

Les primes liées au travail peuvent entrer dans le salaire de référence si elles répondent aux conditions du régime.

L’indemnité de licenciement augmente-t-elle le montant de l’ARE ?

Non comme salaire de référence ; elle peut au contraire créer un différé pour sa partie supra-légale.

Le minimum est-il toujours de 32,13 € ?

C’est la valeur actuellement affichée par France Travail, susceptible de revalorisation et de proratisation selon la situation.

Pourquoi mon allocation mensuelle n’est-elle pas exactement la même tous les mois ?

Les événements déclarés peuvent modifier le nombre de jours indemnisables, même si le paiement de référence est désormais plafonné à 30 jours par mois.

À retenir

  • L’ARE est calculée à partir d’un salaire de référence puis d’un SJR.
  • Les primes liées au travail peuvent être intégrées.
  • Les indemnités de rupture ne sont pas assimilées au salaire de référence.
  • France Travail compare notamment 40,4 % du SJR + 13,18 € et 57 % du SJR.
  • L’allocation est plafonnée à 75 % du SJR.
  • La durée dépend de l’historique de travail et de l’âge.
  • Depuis avril 2026, certains nouveaux demandeurs peuvent ouvrir un droit minimal avec cinq mois de travail.

Sources officielles

Dernière vérification juridique : 7 août 2026.